Un article qui démonte certaines idées reçues sur les problèmes de santé mentale et la psychiatrie.

  • truite@jlai.lu
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    3 months ago

    C’est un article intéressant, merci!

    Sur la dépression, et un peu la santé mentale comme concept, j’avais écouté “Santé mentale : le genre de la dépression” de Nathalie Bajos, qui aborde notamment comment le diagnostic s’est construit, qui est diagnostiqué, qui ne l’est pas ou moins et donc qui est orienté vers quoi, etc. C’était super intéressant.

    Concernant les électrochocs, je lis les sources (je survole un peu mais je le ferai mieux), et celles sur les principes éthiques a un passage sur le consentement éclairé qui me pose pas mal question:

    Devant un refus des ECT, il importe [19] :

    • de s’assurer que le patient est apte à consentir et à refuser. Certains patients à cause de leur état dépressif sévère ne voient aucune possibilité d’amélioration, ils ne « refusent » pas pour ainsi dire mais « s’opposent ». Aller à leur encontre serait une forme de violence, mais violence souvent requise, en veillant à la réduire le plus possible grâce à une relation de confiance attentive, à l’écoute et a la parole ;
    • dans certains cas, des patients peuvent dire non mais leur comportement dit oui, par exemple accepter l’hospitalisation et aller à l’encontre des traitements proposés ;
    • un refus devrait être encore plus « éclairé » qu’un consentement ! Cela invite souvent à recommencer à informer le malade à propos de l’action envisagée.

    Ça me pose pas mal question, parce que qui définit que c’est s’opposer et pas réellement refuser, c’est quoi un comportement qui oui, au bout de combien de répétitions le consentement obtenu est-il encore libre… Déjà que, de base, une relation médecin-patient est une relation hiérarchisée, si on est hospitalisé et que notre sortie dépend dudit médecin, c’est encore pire, même si ça ne concerne pas tous les ECT.

    Et, globalement, j’ai tendance à recommander cet article-là au sujet des électrochocs. Parce que, oui, plein d’études existent, mais c’est un peu plus compliqué que ça.

    • troglodyte_mignon@lemmy.world
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      6 days ago

      Je réalise que je suis en train de répondre à un truc d’il y a des mois, mais je viens de tomber dessus et… c’est littéralement des arguments de violeur ? En l’occurrence on parle des ECT, mais vu la manière dont les arguments sont présentés j’imagine qu’ils sont utilisables et utilisés pour tout autre forme de traitement.

      ils ne « refusent » pas pour ainsi dire mais « s’opposent »

      arguments de violeur

      « Elle a dit non, mais ce n’était pas un vrai « non ». » « Des fois les femmes patientes disent non, mais en fait elles veulent dire oui. -> Du coup, c’est ok de les forcer. »

      des patients peuvent dire non mais leur comportement dit oui, par exemple accepter l’hospitalisation et aller à l’encontre des traitements proposés ;

      arguments de violeur

      « Si elle ne voulait pas, elle ne serait pas montée chez moi. » « Elle a bien voulu [acte sexuel 1] mais pas [acte sexuel 2], c’est contradictoire. » « Si elle ne voulait pas faire [insérez un acte sexuel quelconque], elle ne serait pas venue dans mon lit ».

      Pourquoi un patient ne pourrait-il pas avoir consenti à l’hospitalisation et pas aux traitements proposés ? Ce sont des choses différentes, non ? Est-ce que consentir à être hospitalisé, c’est donner carte blanche à des médecins pour te faire tout ce qu’ils veulent ?

      Et d’ailleurs comment gèrent-ils le retrait du consentement ? Mettons qu’un patient ait d’abord accepté l’hospitalisation, mais qu’une fois dedans, il juge que ça lui fait plus de mal que de bien et veuille sortir. Est-ce que l’auteur de cet article accepte cette décision, ou est-ce qu’il juge que « son comportement a dit oui » quand il a accepté l’hospitalisation et que du coup il peut le garder enfermé contre son gré ?

      Aller à leur encontre serait une forme de violence, mais violence souvent requise, en veillant à la réduire le plus possible grâce à une relation de confiance attentive, à l’écoute et a la parole ;

      Au moins il reconnait que c’est une violence. Du coup, je me demande sa profession gère les cas où cette violence elle-même crée des problèmes chez le patient, du stress post-traumatique par exemple. Il y en a forcément. Est-ce que c’est reconnu, discuté, ou est-ce qu’ils se voilent les yeux là-dessus, voire présentent les effets de cette violence sur le patient comme des « symptômes de la maladie » ?

      Et comment avoir une « relation de confiance » avec quelqu’un qui ne respecte pas ton consentement ? Qu’est-ce que signifie l’écoute et la parole dans un cas comme ça ? « Oui, j’ai bien entendu que tu ne souhaites pas ABC, et je vais te faire ABC quand même. Mais je t’ai écouté, hein ! Je viens de briser ta confiance, mais j’espère qu’on garde notre relation de confiance ! » C’est un peu du foutage de gueule, non ?

      un refus devrait être encore plus « éclairé » qu’un consentement ! Cela invite souvent à recommencer à informer le malade à propos de l’action envisagée.

      En soit, ça a l’air raisonnable, le refus aussi doit être éclairé, ok ; mais à la lumière de ce qui est écrit au-dessus, je peux imaginer qu’en pratique cette « information réitérée » se transforme facilement en pression et harcèlement.

      Ce que je vois dans cet article, c’est un mec qui tord la réalité pour déguiser des refus en consentement, et cela de manière systématique et avouée. Et qui présente ça comme un truc habituel et souhaitable pour sa profession. Je ne suis malheureusement pas surprise que des psychiatres aient une vision aussi, euh, « personnelle » du consentement. C’est… cohérent avec pas mal de choses que j’ai entendu, on va dire. Par contre, je suis (naïvement) surprise qu’un psychiatre le dise aussi ouvertement dans un magazine et que ça ne choque pas davantage.

    • penguin_rocket@jlai.luOP
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      3 months ago

      Merci pour le complément !

      Je m’attendais pas à ça par contre :

      Conclusions

      The quality of most SECT–ECT studies is so poor that the meta-analyses were wrong to conclude anything about efficacy, either during or beyond the treatment period. There is no evidence that ECT is effective for its target demographic—older women, or its target diagnostic group—severely depressed people, or for suicidal people, people who have unsuccessfully tried other treatments first, involuntary patients, or children and adolescents. Given the high risk of permanent memory loss and the small mortality risk, this longstanding failure to determine whether or not ECT works means that its use should be immediately suspended until a series of well designed, randomized, placebo-controlled studies have investigated whether there really are any significant benefits against which the proven significant risks can be weighed.