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Cake day: August 9th, 2023

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  • J’ai posté ce long article parce qu’il y a plein de choses intéressantes dedans mais je n’adhère pas à tout. Avec mon obsession Arendtienne, je vois effectivement des limites à l’invocation du fascisme mais pas nécessairement du totalitarisme. L’absence de structure hiérarchique; de projet autoritaire clair, le flou qui tourne en chaos… Tout ça correspond à une logique totalitaire. Il y a beaucoup de matière dans cet article et je n’ai pas encore tout lu en détail mais j’ai l’impression qu’il y a quelques angles morts dans son argumentation notamment sur le manque de lisibilité de l’action politique. Je n’ai pas vu (mais pas encore assez bien regardé) l’idée que ce manque de lisibilité est lié à sa malhonnêteté sous-jacente. Les choses se sont révélées au grand jours avec le débat sur la taxe zucman, l’action politique ne va plus dans l’intérêt général et bien entendu les institutions qui la porte ne s’en sont pas vantés. La encore, l’hypocrisie “du système” qui cristallise la haine et sert de terreau aux totalitarisme est le point de départ du mécanisme décrit par Arendt.


  • C’est un peu l’échec de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Nous sommes incapables, ou n’avons pas voulu, bloquer les réseaux sociaux et leurs débordement. A une époque, on ne trouvait pas de tétons sur Facebook mais, il était facile de trouver des vidéos de décapitation et ça, c’était de la liberté d’expression. J’ai lu qu’on trouvait aussi il y a quelques années des annonces pour des contrats de tueurs à gage pour certains pays sud-américains.

    Meta fait 10% de son chiffre d’affaire avec des pubs pour des escroqueries et sa mesure pour bloquer ça, c’est de leur faire payer plus cher. Sur X, faire des nudes avec Grok est interdit, sauf si on le bon abonnement. On a des services où faire des trucs dégueux est devenu un business model.














  • Trump a déclaré hier ou avant hier à Davos, qu’il serait derrière ses alliés de l’OTAN mais qu’il ne pensait pas que l’inverse serait vrai.

    Accuser le reste du monde de ses propres turpitudes à venir est typique du totalitarisme. Dans la tête du chef totalitaire, le scénario possible qu’imagine son esprit paranoïaque est pour lui une réalité à venir puisque elle est destiné à se plier à son fantasme.

    Et donc s’il se retire de l’OTAN c’est probablement parce que l’OTAN s’apprête à le trahir. Une fois que l’OTAN sera démolit, il pourra se vanter de l’avoir vu venir et d’en être sorti à temps.

    Il y a peut-être une manœuvre destiné à l’interne où son état major le bloque sur le Groenland et détruire l’OTAN est une façon de lever les obstacles.










  • C’est tout le problème de l’orientation des réseaux sociaux. Tu peux y faire du bon et du mauvais mais dès lors que le mauvais est structurellement favorisé, le bon est au mieux un frein à la dégradation de la situation, au pire une justification du réseau social.

    Avant même que la broligarchie ne fasse transforme les réseaux sociaux en arme idéologique, l’orientation était présente. Par exemple Twitter, avant le rachat par Musk était détenu par des gens considérés comme plutôt progressistes mais par le simple mécanisme de l’attention, la facilité de partage, ce sont les fakes news, les trucs crapoteux et qui mettent les gens en colère qui circulaient le plus. Et un camp politique prospère beaucoup mieux là-dessus.

    Et maintenant qu’il y a un vrai projet idéologique (les communautés féministes et queer se font dégager de Meta), la capacité de nuisance se révèle. Ces réseaux sont tellement enkystés dans la société qu’on se retrouve avec des tuyaux qui déversent du fascisme directement dans le cerveau des gens.



  • Arendt, toujours et encore :

    “A l’affirmation de la propagande, selon laquelle tous les événements sont scientifiquement prévisibles selon les lois de la nature ou de l’économie, l’organisation totalitaire ajoute la position d’un homme unique qui a monopolisé cette connaissance et dont la principale qualité est qu’« il a toujours eu raison et qu’il aura toujours raison », Pour le membre d’un mouvement totalitaire, cette connaissance n’a rien à voir avec la vérité, et le fait d’avoir raison rien à voir avec la véracité objective des déclarations du Chef, qui ne peuvent être démenties par les événements, mais seulement par le succès ou l’échec futurs. Le Chef a toujours raison dans ses actes, et puisque ceux-ci sont planifiés pour les siècles à venir, le jugement ultime sur ce qu’il fait échappe à l’expérience de ses contemporains.”

    Évidemment avec Trump, il ne semble pas y avoir de projet de créer une société nouvelle qui durerait éternellement, on trouve sans doute ça chez ses soutiens transhumanistes de la broligarchie. Peut-être aussi chez les fondamentalistes chrétiens qui le portent également et qui visent une théocratie.

    Par contre je vois bien le côté échec ou succès futur. Il a prévenu que “Make America Great Again” passerait par des moments difficiles donc la situation actuelle n’est pas sensée lui être reprochée. On retrouve aussi chez Arendt, l’aspect très flou des objectifs, le changement régulier des règles, des politiques, des gens qui fait qu’au final, seul le chef est censé comprendre ce qui se passe et où il emmène le monde. Cela alimente la justification circulaire de la politique Trumpienne.

    Le chef totalitaire est un génie qui seul comprend le grand plan derrière ses actions en apparence chaotiques. Et donc affirmer son indépendance à toute autorité externe est dans cet objectif essentiel.


  • Ca fait partie de sa démonstration de force. Il a agité un lien imaginaire à un gang de narcotrafic pour justifier son emploi de la force avant de finalement laisser tomber l’accusation.

    Cette affirmation qu’il n’existe aucune règle, aucune institution au-dessus de sa propre volonté est une façon d’affirmer sa prétention à la toute puissance.

    C’est symptomatique de la dérive totalitaire où le monde est dénué de toute structure. S’il était juste fasciste, considérant la religiosité de sa base, il pourrait affirmer que dieu, la bible et ce genre de choses sont sa références morale. Mais il n’en est pas là. Sa seule limite, c’est lui-même. Il n’a donc en réalité aucune limite.

    Le fait qu’il affirme qu’il ne veut de mal à personne est aussi typique de la dynamique totalitaire. Il dit des choses et démontre exactement l’inverse. Les leaders du monde non totalitaire se bercent d’illusion en pensant qu’il y a toujours des marges de négociation avec lui puisqu’il parle (parfois) comme quelqu’un de sensé, qui ne veut pas la guerre, qui ne fait que du business alors que ses actes sont parfaitement contradictoires. Sa capacité à entuber le reste du monde alimente l’admiration que ses sbires ont en lui. C’est pour ça que jouer l’apaisement est une très mauvaise idée.